Le ministre des Affaires étrangères, M. Mourad Medelci, a affirmé hier que les prochains mois seront décisifs pour la diplomatie algérienne, à la faveur du riche agenda des rendez-vous régionaux et internationaux en perspective. Invité de l'émission "Tahaoulet" (mutations) de la chaîne I de la radio nationale,
M. Medelci a précisé que la stratégie de l'Algérie en matière de politique extérieure "a été clairement définie dans le programme du président de la République et le plan d'action du gouvernement pour les cinq prochaines années", soulignant que cette stratégie s'appuyait sur le développement global et prenait en compte le développement socio-économique du peuple algérien". Concernant l'accord d'association avec l'Union Européenne (UE), le ministre a souligné la nécessité d'évaluer "sérieusement" ce partenariat en vue de trouver les moyens "qui nous permettent de progresser davantage et de réaliser la coopération à laquelle nous aspirons tous". L'Algérie veut "développer l'espace économique avec ses partenaires européens", a affirmé le ministre, précisant que cela ne peut se réaliser qu'avec "l'établissement d'un investissement réel qui permette à l'Algérie de diversifier son économie hors hydrocarbures". M. Medelci a estimé que la réunion annuelle avec les pays de l'UE prévue le 16 juin prochain, constitue "une occasion pour évaluer l'accord d'association" sur la base "d'un document de référence" en vue de "relancer la coopération" dans le cadre du "respect de relations équilibrées dans les échanges commerciaux" entre les deux parties. Le ministre a mis l'accent sur le rôle de la diplomatie algérienne au niveau continental, évoquant le sommet de l'Union africaine (UA), qui se tiendra début juillet prochain en Libye et sera consacré à "la clarification des étapes des reformes internes de l'UA, pour assurer leur application et pour une Afrique cohérente, unie et forte". Evoquant le sommet du G77 prévu en juillet prochain à Charm el-Cheikh (Egypte), M. Medelci a estimé qu'il sera "l'occasion de réaliser davantage de cohésion entre les membres du groupe des non-alignés" qui "s'est engagé sur la voie des reformes internes initiées lors du sommet de la Havane, et ce, avec le soutien fort de l'Algérie". Le ministre a passé en revue le rôle joué par la diplomatie algérienne lors de la dernière réunion de Genève sur le désarmement, affirmant que grâce à l'Algérie, une nouvelle page a été ouverte. Après avoir rappelé que la réunion de Genève avait coïncidé avec la présidence algérienne de la conférence de désarmement, il a précisé qu'il avait relevé chez les autres membres une véritable volonté d'aller de l'avant dans le désarmement. Il a été convenu, lors de cette réunion, "du droit des pays de développer l'énergie nucléaire à des fins pacifiques", a souligné M. Medelci, mettant l'accent sur la nécessité de parvenir à une convention internationale "claire" dans le domaine de l'interdiction de l'enrichissement de l'uranium et de définir les mécanismes permettant la classification des types d'armes. M. Medelci a indiqué au sujet de l'Union pour la Méditerranée, que l'Algérie en est membre la qualifiant d' "initiative fondée sur des projets clairs". "Nos réserves, a-t-il dit, sont intervenues suite à l'agression israélienne contre Ghaza". Il a précisé que dans l'attente de clarifications des positions à l'égard de cette agression, l'action se poursuit au niveau technique pour "préparer un nouveau départ de l'Union dans le courant de l'année". M. Medelci a réitéré en outre, la position de l'Algérie à l'égard de la défense du droit du peuple palestinien à l'établissement d'un Etat indépendant, soulignant que la cause palestinienne est posée en permanence au niveau de la Ligue arabe. Elargir “les relations stratégiques” entre l’Algérie et la France”. Par ailleurs, M. Medelci a qualifié les relations algéro-françaises de "très fortes", affirmant qu'il existe "une réelle volonté" de hisser la coopération bilatérale à des niveaux meilleurs. Après avoir estimé nécessaire de "clarifier des questions liées à la mémoire", M. Medelci a appelé à élargir "les relations stratégiques" entre l'Algérie et la France, affirmant que des opportunités permettront prochainement la concrétisation de cette démarche "au plus haut niveau". Il a évoqué aussi la question des essais nucléaires français dans le Sahara algérien durant l'époque coloniale, indiquant qu'ils "représentaient plus qu'une simple question d'indemnisation matérielle. Il s'agit en fait d'une "évaluation globale de leurs effets négatifs sur l'homme et l'environnement", a-t-il dit. M. Medelci a tenu à rappeler que les responsables français ont accepté le principe de la proposition algérienne portant évaluation des effets négatifs de ce qui s'est passé dans la région de Reggane, précisant que "le traitement de ce dossier demande beaucoup de temps". Pour les relations avec le Maroc, le ministre a affirmé qu'elles sont "bonnes" citant l'échange de visites entre les délégations des deux pays et la participation de plusieurs entreprises marocaines à la dernière Foire internationale d'Alger. Il a insisté à ce propos, sur l'importance de "la coordination des politiques commerciales des pays du Maghreb arabe et la définition des bases et principes d'échanges commerciaux entre ces pays". Quant à la question du Sahara occidental, M. Medelci a déclaré que "nous avons pleinement confiance en l'envoyé spécial des Nations unies dans la région et misons sur la rationalité et les relations entre les différentes parties ainsi que la légalité internationale pour parvenir à une solution juste et définitive du conflit".Aps